La route du Nord de la Russie : de Saint-Petersbourg au cercle polaire

Itineraire complet dans le Nord de la Russie, de Saint-Petersbourg aux iles Solovki, Arkhangelsk, Mourmansk et Vorkuta. Guide pratique et recit de voyage.
Train traversant un paysage enneige du Nord de la Russie avec des forets de bouleaux
La route du Nord russe, une traversee de plus de 2 000 kilometres entre palais imperiaux, monasteres perdus et toundra arctique.

Cap au nord : pourquoi cette route

Il y a des voyages qui changent la facon dont on regarde une carte. Celui-ci en fait partie. Quand on pense a la Russie du nord, on imagine vaguement de la neige, du froid, et pas grand-chose d'autre. C'est une erreur monumentale. La route qui mene de Saint-Petersbourg jusqu'au cercle polaire traverse certains des paysages les plus saisissants d'Europe, des sites historiques dont l'intensite coupe le souffle, et des communautes humaines qui vivent dans des conditions que la plupart d'entre nous seraient incapables de supporter une seule journee.

J'ai fait ce trajet pour la premiere fois par un mois de juin, en profitant des nuits blanches qui inondent le nord de la Russie d'une lumiere irreelle pendant des semaines entieres. Depuis, j'y suis retourne en plein hiver, par moins trente degres, pour voir les aurores boreales danser au-dessus de Mourmansk. Les deux experiences sont radicalement differentes, et les deux valent le detour. Ce que je vais decrire ici n'est pas un itineraire theorique : c'est une route que j'ai parcourue, etape par etape, train apres train, bateau apres bateau. Et je suis convaincu que c'est l'un des plus beaux endroits de Russie — un territoire ou chaque kilometre raconte une histoire.

Avant de commencer, une precision importante : si vous envisagez ce voyage, prenez le temps de bien preparer son voyage en Russie. Les formalites administratives, les conditions meteorologiques et la logistique particuliere du Nord russe meritent une preparation soignee. Mais une fois que c'est fait, le reste n'est que pure aventure. Pour un apercu des destinations possibles, consultez aussi notre article sur les merveilleux endroits pour voyager en Russie.

Saint-Petersbourg : le grand depart

Tout commence dans la ville que Pierre le Grand a arrachee aux marecages de la Neva au debut du XVIIIe siecle. Saint-Petersbourg n'est pas, a proprement parler, dans le nord de la Russie — elle est situee a la meme latitude qu'Oslo ou Anchorage — mais elle en est la porte d'entree naturelle. Et quelle porte. Meme si vous n'etes la que pour prendre un train vers le nord, accordez-vous deux ou trois jours dans cette ville qui est, a mon sens, l'une des plus belles du monde.

L'Ermitage, d'abord. Ce n'est pas un musee, c'est un univers. Installe dans le Palais d'Hiver des tsars, il abrite plus de trois millions d'oeuvres d'art reparties dans des salles dont le faste decoupe le souffle. J'y ai passe une journee entiere et je n'ai couvert qu'une fraction de l'ensemble. Les Rembrandt, les Matisse, les salles egyptiennes, les tresors scythes en or — on pourrait y passer une semaine et continuer a decouvrir des merveilles.

Mais c'est la lumiere de Saint-Petersbourg qui m'a le plus marque. En juin, les nuits blanches transforment la ville en un theatre permanent. Le soleil effleure l'horizon sans jamais vraiment disparaitre, et la ville baigne dans une clarte doree qui fait ressembler chaque facade a un tableau de Turner. Les ponts de la Neva se levent vers deux heures du matin pour laisser passer les navires, et des milliers de Petersbourgeois se rassemblent sur les quais pour regarder le spectacle — l'un des rituels les plus poetiques que j'aie jamais vu dans une grande ville.

Le depart vers le nord se fait depuis la gare de Ladojskaïa ou la gare de Moscou, selon la direction choisie. Les trains de nuit russes sont une experience en soi : les wagons-couchettes de deuxieme classe (koupe) offrent quatre couchettes dans un compartiment ferme, avec du the servi par la provodnitsa — la responsable du wagon — dans les traditionnels verres a support en metal argente. On s'endort au bruit rythmique des roues sur les rails, et on se reveille dans un autre monde.

Les iles Solovki : le monastere au bout du monde

Monastere des iles Solovki au bord de la mer Blanche avec ses tours et murailles
Le monastere des iles Solovki, forteresse spirituelle perdue au milieu de la mer Blanche, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Les iles Solovki sont l'un de ces endroits qui condensent a eux seuls toute la complexite de l'histoire russe. Perdu au milieu de la mer Blanche, a environ 160 kilometres du continent, cet archipel de six iles principales abrite un monastere fonde au XVe siecle qui est devenu l'un des centres spirituels les plus importants de la Russie orthodoxe. Mais les Solovki sont aussi le lieu ou le systeme concentrationnaire sovietique a ete invente — le premier camp du Goulag y a ete cree en 1923, dans les batiments memes du monastere.

Pour atteindre les Solovki, il faut d'abord rejoindre la ville de Kem, en Carelie, accessible en train depuis Saint-Petersbourg (environ 12 heures). De Kem, un bateau fait la traversee jusqu'a l'ile principale en deux a quatre heures, selon la mer. Et quelle traversee. La mer Blanche porte bien son nom : ses eaux grises et laiteuses, parsemees d'ilots rocheux, ont une beaute austere qui annonce la couleur. On quitte le monde des hommes pour entrer dans un espace ou la nature reprend tous ses droits.

Le monastere lui-meme est impressionnant. Ses murailles de pierre massive, hautes de plusieurs metres, ses tours de guet, ses eglises aux coupoles argentees — tout cela construit sur des iles battues par les vents du nord, a des centaines de kilometres de toute ville. Les moines qui ont bati cet ensemble au fil des siecles devaient avoir une foi capable de deplacer des montagnes, ou du moins de charrier des blocs de granit sur des iles glacees. A l'interieur de l'enceinte, le calme est absolu. Les jardins, les canaux d'irrigation, le systeme hydraulique concu par les moines — tout temoigne d'un savoir-faire stupefiant pour l'epoque et le lieu.

Mais impossible de se promener aux Solovki sans penser au Goulag. Le camp des Solovki, baptise SLON (Camp a destination speciale des iles Solovki), a ete le laboratoire ou les methodes du travail force sovietique ont ete mises au point. Des milliers de prisonniers — pretres, intellectuels, opposants politiques — y ont souffert et y sont morts dans des conditions atroces. Un petit musee sur l'ile documente cette histoire avec une sobriete qui rend le temoignage d'autant plus poignant. Se tenir dans les memes murs qui ont abrité des moines en priere et des prisonniers en agonie provoque un vertige moral difficile a exprimer.

En dehors du monastere, les iles offrent des randonnees superbes a travers des forets de bouleaux, des lacs d'eau douce et des cotes rocheuses ou les phoques prennent le soleil. En ete, la lumiere est extraordinaire — douce, rasante, presque tangible. C'est un lieu qui invite a la contemplation et au silence, et qui reste longtemps dans la memoire.

Arkhangelsk : la porte de l'Arctique

Arkhangelsk est une ville que presque personne ne connait en France, et c'est dommage. Fondee en 1584, elle a ete pendant plus d'un siecle le seul port maritime de Russie — le seul point de contact commercial entre la Russie et l'Europe occidentale. Avant que Pierre le Grand ne construise Saint-Petersbourg, c'est par Arkhangelsk que transitaient toutes les marchandises : fourrures, bois, chanvre, goudron. Les navires anglais et hollandais y accostaient apres un perilleux voyage autour du cap Nord.

Aujourd'hui, Arkhangelsk est une ville de 350 000 habitants etalee le long de la Dvina du Nord, un fleuve immense dont l'embouchure forme un delta marecageux qui se jette dans la mer Blanche. La ville a un charme defraichi qui m'a immediatement seduit. Les facades en bois des quartiers anciens, souvent penchees et patinees par les siecles, cohabitent avec les blocs de beton de l'ere sovietique et quelques constructions modernes. Sur les quais, d'anciens brise-glaces rouilles servent de musees flottants.

Ce qui fait l'interet d'Arkhangelsk pour le voyageur, c'est sa position de base arriere pour explorer le nord de la Russie. De la, on peut rejoindre les Solovki par avion (un petit bimoteur qui fait le trajet en une heure), partir en expedition vers la Nouvelle-Zemble ou la Terre Francois-Joseph dans l'ocean Arctique, ou simplement explorer les villages traditionnels en bois de la region, qui sont parmi les mieux preserves de Russie.

Le musee en plein air de Malye Korely, a 25 kilometres de la ville, merite une visite. On y a regroupe des dizaines de batiments en bois traditionnels — maisons, eglises, granges, moulins — provenant de toute la region. Se promener dans ce musee, c'est voyager dans le temps, dans une Russie du Nord ou le bois etait le seul materiau de construction et ou les charpentiers realisaient des prouesses architecturales sans un seul clou. Les eglises en bois, avec leurs coupoles en forme de bulbe recouvertes de bardeaux d'argent, sont d'une beaute a pleurer.

Le climat russe prend ici une dimension bien concrete. En hiver, la Dvina gele entierement, et on peut la traverser a pied ou en voiture. La temperature moyenne en janvier est de moins quinze degres, mais les descentes sous les moins trente ne sont pas rares. En ete, en revanche, la ville se transforme : les parcs verdissent, les terrasses de cafe s'animent, et le soleil tourne inlassablement autour de l'horizon sans vraiment se coucher pendant les nuits blanches de juin.

La peninsule de Kola et Mourmansk

Aurores boreales vertes et violettes au-dessus de Mourmansk en hiver
Les aurores boreales illuminent le ciel au-dessus de Mourmansk, la plus grande ville du monde situee au-dela du cercle polaire.

La peninsule de Kola est un monde a part. Cette masse de terre qui s'avance entre la mer de Barents au nord et la mer Blanche au sud est l'un des territoires les plus surprenants du nord de la Russie. On y trouve des montagnes anciennes (les Khibiny, dont les sommets depassent a peine les mille metres mais dont les pentes sont d'une beaute sauvage), des lacs arctiques d'un bleu impossble, des forets de bouleaux rabougris par le vent, et une ville — Mourmansk — qui defie toute logique geographique.

Mourmansk est la plus grande ville du monde situee au-dessus du cercle polaire arctique. Environ 280 000 habitants vivent la, dans un endroit ou le soleil ne se leve pas pendant six semaines en hiver (la nuit polaire) et ne se couche pas pendant deux mois en ete. La ville a ete fondee en 1916 comme port militaire, et son histoire est indissociable de la marine russe. Le brise-glace nucleaire Lenine, le premier du genre au monde, est amarre dans le port et se visite. C'est un vaisseau d'une autre epoque, impressionnant par sa taille et par ce qu'il represente : la volonte russe de dompter l'Arctique.

Mais c'est pour les aurores boreales que la plupart des voyageurs viennent a Mourmansk. Et elles en valent la peine. J'ai vu mes premieres aurores depuis une colline a une trentaine de kilometres de la ville, par une nuit de janvier glaciale et parfaitement claire. Ca a commence par une lueur verdatre, a peine perceptible, comme un voile de gaze tendu au-dessus de l'horizon nord. Puis les rideaux de lumiere se sont deployes, de plus en plus brillants, de plus en plus rapides, des vagues de vert, de violet et parfois de rose qui ondulaient a travers le ciel etoile. Le spectacle a dure plus de deux heures. Personne ne parlait. Nous etions six ou sept, plantes dans la neige, les yeux rives vers le ciel, incapables de prononcer un mot. Il y a des moments ou la nature vous rappelle que vous n'etes rien.

La peninsule de Kola recele aussi des curiosites geologiques. Le forage de Kola, le trou le plus profond jamais creuse par l'homme (12 262 metres), se trouve ici — meme s'il est aujourd'hui abandonne et scelle. Les monts Khibiny abritent des mineraux rares que les geologues du monde entier viennent etudier. Et dans les fjords de la cote nord, on peut observer des colonies de milliers d'oiseaux marins — guillemots, macareux, mouettes tridactyles — qui nichent sur les falaises a pic.

Un detail qui m'a frappe a Mourmansk : les sous-marins. La flotte du Nord, la plus puissante des flottes de la marine russe, est basee dans les environs. On ne les voit pas, evidemment — les bases sont fermees — mais on sent leur presence. Les militaires sont partout, les zones interdites aussi. Cette tension entre le civil et le militaire, entre le tourisme naissant et le secret defense, fait partie integrante de l'experience de la peninsule de Kola.

La mer Blanche : belugas et villages oublies

La mer Blanche est la mer la plus septentrionale d'Europe a etre entierement enclavee dans les terres russes. C'est aussi l'une des moins connues et des plus fascinantes. Ses eaux froides, ses marees puissantes (jusqu'a sept metres d'amplitude dans certaines baies) et ses cotes decoupees en ont fait un territoire de navigateurs audacieux et de pecheurs obstines depuis des siecles.

Ce qui m'a attire sur les rives de la mer Blanche, ce sont les belugas. Ces petites baleines blanches, qui mesurent entre trois et cinq metres, frequentent les eaux de la mer Blanche en ete, notamment dans la baie de la Dvina et autour des iles Solovki. Les voir nager en groupe, leurs dos blancs luisant dans l'eau grise, est un spectacle d'une douceur inattendue dans un environnement aussi rude. Les belugas de la mer Blanche constituent l'une des populations les plus meridionales de cette espece, et ils sont relativement accessibles — certaines excursions en bateau permettent de les approcher a quelques metres.

Mais ce sont les villages de la cote qui m'ont le plus touche. Des hameaux de quelques dizaines de maisons en bois, accroches a des promontoires rocheux ou blottis au fond de baies abritees, ou la vie n'a pas fondamentalement change depuis des generations. La peche au hareng, a la morue et au saumon rythme les saisons. Les barques en bois, peintes de couleurs vives, sont tirees sur les plages de galets. Les filets sechent au vent entre les maisons. Il y a dans ces villages une beaute melancolique, celle d'un monde qui s'efface lentement — les jeunes partent, les maisons se vident, la mer monte.

L'aventure des etrangers dans le Nord de la Russie prend ici tout son sens. On est loin de tout circuit touristique, loin de tout confort standardise. Les hebergements sont rudimentaires, la nourriture est simple (mais le poisson fume local est une merveille), et la communication passe souvent par les gestes et les sourires. Mais l'accueil est d'une generosite confondante. J'ai ete invite a partager des repas, a monter dans des barques de peche, a ecouter des histoires dont je ne comprenais pas un mot mais dont le ton disait tout.

Le train vers Vorkuta : au-dela du cercle polaire

Si je ne devais garder qu'un seul souvenir de tous mes voyages dans le nord de la Russie, ce serait probablement celui du train vers Vorkuta. Le trajet dure environ 30 heures depuis Moscou, ou une dizaine d'heures depuis Kotlas — et il traverse le cercle polaire arctique quelque part entre la foret boreale et la toundra, a un moment que personne n'annonce mais que tout le monde sent. Les arbres deviennent plus petits, plus espaces, plus tordus par le vent. Puis ils disparaissent. Et il ne reste plus que la toundra — plate, blanche en hiver, brune et marecageuse en ete — qui s'etend jusqu'a l'horizon dans toutes les directions.

Vorkuta est une ville que peu de gens visitent volontairement. Fondee dans les annees 1930 comme centre d'exploitation du charbon grace au travail force des prisonniers du Goulag, elle compte aujourd'hui environ 55 000 habitants — moins de la moitie de sa population des annees 1980. Les immeubles abandones, les quartiers fantomes, les usines rouillees donnent a la ville un air post-apocalyptique qui est a la fois deprimant et fascinant. C'est une ville qui n'aurait jamais du exister — personne ne vient s'installer volontairement au-dela du cercle polaire pour extraire du charbon — et qui survit aujourd'hui par inertie, maintenue en vie par les mines encore en activite et par une population qui n'a nulle part ailleurs ou aller.

Mais Vorkuta a une beaute rude qui se revele lentement. La toundra qui l'entoure est un desert arctique d'une immensité vertigineuse. En ete, elle se couvre de fleurs sauvages et de mousses colorees, et les lacs innombrables refletent un ciel qui ne s'assombrit jamais. En hiver, la nuit polaire plonge la ville dans une obscurite de plusieurs semaines, et les aurores boreales sont parmi les plus spectaculaires qu'on puisse voir en Russie — il n'y a aucune pollution lumineuse a des centaines de kilometres a la ronde.

Ce qui m'a le plus marque a Vorkuta, ce sont les gens. Les habitants de cette ville improbable ont une resilience et un humour qui forcent l'admiration. "On vit au bout du monde, mais au moins on a la paix", m'a dit un ancien mineur en riant, attable devant un verre de vodka dans un bar minuscule ou le chauffage tournait a plein regime tandis que le blizzard hurlait dehors. Les histoires qu'on m'a racontees — sur les hivers ou la temperature descend sous les moins cinquante, sur les tempetes qui bloquent la ville pendant des jours, sur les ours polaires qu'on aperçoit parfois a la peripherie — appartenaient a un registre que je ne connaissais pas : celui de la survie ordinaire dans un monde extraordinaire.

Le trajet retour, dans le train qui redescend vers le sud, est l'occasion de digerer tout ce qu'on a vu. Les arbres reapparaissent progressivement — d'abord des bouleaux nains, puis des epiceas de plus en plus hauts — et on comprend physiquement ce que signifie la limite des arbres, cette frontiere invisible mais fondamentale qui separe la taiga de la toundra. On quitte un monde pour en retrouver un autre, et on sait qu'on ne regardera plus jamais une carte du nord de la Russie de la meme facon.

Itineraire complet : etapes, duree et budget

Etape Duree conseillee Points d'interet Budget estime / jour
Saint-Petersbourg 2-3 jours Ermitage, nuits blanches, palais, canaux 80-120 €
Train vers Kem 1 nuit (12h) Paysages de Carelie, wagon-couchettes 30-50 € (billet)
Iles Solovki 2-3 jours Monastere UNESCO, Goulag, randonnees, phoques 60-100 €
Arkhangelsk 2 jours Vieille ville, musee Malye Korely, port 60-90 €
Train vers Mourmansk 1 nuit (20h) Traversee du cercle polaire, taiga 30-50 € (billet)
Mourmansk / Kola 3-4 jours Aurores boreales, brise-glace Lenine, Khibiny 80-150 €
Cote de la mer Blanche 2-3 jours Villages de pecheurs, belugas, cotes sauvages 50-80 €
Train vers Vorkuta 1-2 nuits Cercle polaire, transition taiga-toundra 40-60 € (billet)
Vorkuta 1-2 jours Toundra, aurores, ville miniere, histoire du Goulag 50-70 €

Budget total estime : 1 500 a 2 500 € pour 2 a 3 semaines, hors vol international.

Quand partir et comment se preparer

En ete (juin - aout)

C'est la saison la plus accessible. Les temperatures oscillent entre 10 et 20 degres dans la plupart des etapes, les journees sont interminables (nuits blanches en juin), la mer Blanche est navigable, et les iles Solovki sont accessibles en bateau. C'est aussi la saison des moustiques — il faut le savoir, car dans certaines zones marecageuses de la taiga, ils sont d'une ferocite legendaire. Un bon repulsif et des vetements couvrants sont indispensables.

En hiver (decembre - fevrier)

Pour les aurores boreales, c'est la seule option. Mourmansk et Vorkuta sont les spots ideaux. Mais le froid est reel — on parle de moins vingt a moins quarante degres — et il faut s'equiper en consequence : sous-vetements thermiques, doudoune epaisse, bonnet, gants doubles, bottes fourrees. Les journees sont tres courtes (la nuit polaire est totale a Mourmansk pendant six semaines), mais la lumiere bleutee du crepuscule permanent a un charme hypnotique. Les Solovki sont inaccessibles par bateau en hiver, mais on peut s'y rendre en petit avion depuis Arkhangelsk.

Logistique

Le train est le moyen de transport roi dans le nord de la Russie. Le reseau ferroviaire relie toutes les grandes etapes de cet itineraire, et les trajets de nuit en wagon-couchettes sont a la fois confortables et economiques. Les billets se reservent en ligne sur le site des chemins de fer russes (RZD) ou dans les gares. Pour les iles Solovki et la cote de la mer Blanche, il faut combiner train, bateau et parfois petit avion. Un minimum de russe (ou une application de traduction) est presque indispensable une fois passe Arkhangelsk — l'anglais est peu parle dans le Nord.

Questions frequentes

L'ete (juin-aout) offre des temperatures agreables, les nuits blanches et l'acces aux iles Solovki par bateau. L'hiver (decembre-fevrier) est ideal pour les aurores boreales a Mourmansk et les paysages enneiges, mais le froid est extreme (jusqu'a -30C et au-dela). Le choix depend de vos priorites.

Comptez environ 80 a 150 euros par jour pour un budget moyen incluant hebergement, repas et transports locaux. Les trajets en train sont abordables (20-50 euros par trajet en couchette). Pour un itineraire complet de 2 a 3 semaines, prevoyez entre 1 500 et 2 500 euros hors vol international.

Oui, les ressortissants francais ont besoin d'un visa pour entrer en Russie. Le visa touristique standard est valable 30 jours. Certaines zones du Nord, notamment pres des frontieres et dans la peninsule de Kola, necessitent un permis supplementaire a obtenir aupres des autorites locales.

Les iles Solovki sont accessibles en bateau depuis Kem ou Belomorsk (2 a 4 heures de traversee) de juin a septembre. En dehors de cette periode, un petit avion assure la liaison depuis Arkhangelsk. La navigation est impossible en hiver quand la mer Blanche est prise par les glaces.

Oui, Mourmansk est l'un des meilleurs endroits au monde pour observer les aurores boreales. La saison s'etend de septembre a mars, avec un pic entre decembre et fevrier. Il faut s'eloigner des lumieres de la ville — une trentaine de kilometres suffisent — et privilegier les nuits claires et sans nuages.

Le train est souvent le seul moyen de transport terrestre dans le Nord russe. Le reseau ferroviaire relie Saint-Petersbourg a Mourmansk (environ 24 heures) et Arkhangelsk (environ 20 heures). Un train legendaire va jusqu'a Vorkuta au-dela du cercle polaire. Les trajets en wagon-couchettes sont longs mais confortables et economiques.